L’art moderne (1848-1968) : tenter une autre histoire

Conférence de Béatrice Joyeux-Prunel enseignante à l'Ecole normale supérieure de Paris

 

Vendredi 27 mai 2016 à 20 h 30
Galerie Michel Descours 44 rue Auguste-Comte 69002 Lyon


Entrée libre / Informations et réservations : gwilherm.perthuis@galerie-descours.com

 

LA PRESSE EN PARLE : LE PETIT BULLETIN
 

 

L’histoire de l’art moderne ressemble à un progrès linéaire, guidé par des artistes (mâles) d’exception indépendants des logiques politiques, marchandes, politiques, sociales, ethniques, religieuses, et bien sûr des pratiques plastiques dominantes en leur temps. Ce récit a été remis en question par les mouvements féministes et postcoloniaux qui ont poussé à intégrer au canon moderniste de « nouveaux » artistes femmes, latino-américains etc. Mais on n’a toujours pas proposé de récit alternatif à ce canon, dont on peut même dire qu’en avalant de nouveaux marginaux il s’est renforcé. Il devient urgent d’écrire d’autres récits, des histoires, convaincantes, narratives, sur longue période, qui non seulement remettent en question le canon moderniste et ses iniquités, mais permettent aussi de comprendre comment il s’est imposé comme évident. Changer la méthode et les questions du travail historien peut être une bonne stratégie. Les questionnements sociologiques et transnationaux, nourris par des méthodes quantitatives et géographiques, vont à l’encontre des prémisses du canon moderniste :  le nationalisme méthodologique (assigner un art, un artiste ou une œuvre à une nationalité), corolaire d’une focalisation sur quelques « centres » (Rome, Paris, New York) ; la monographie systématique (travailler sur une seule personne, qui a tout inventé, tout compris, tout « déconstruit », tout révolutionné) ; le formalisme et son corolaire, le déni des logiques sociales et économiques. Elles incitent à tenter un autre récit : une histoire du champ international de l’art moderne, qui fait des avant-gardes moins des génies solitaires que les acteurs plus ou moins habiles d’une grande géopolitique mondiale de l’art où les stratégies d’exposition, l’argent, la politique, les réseaux, les questions d’origine sociale, les amitiés et les trahisons ont leur place autant que l’étude des formes. Cette conférence présentera cette « histoire » pour la période des années 1850 aux années 1970, récit dont une première séquence vient de paraître chez Gallimard Folio histoire (Poche) : Les avant-gardes artistiques ; une histoire transnationale, 1848-1914 (volumes 2 et 3 : 1918-1945 et 1945-1968, à paraître).

Béatrice Joyeux-Prunel enseigne à l’Ecole normale supérieure de Paris (rue d’Ulm), où elle travaille sur l’histoire des avant-gardes et l’internationalisation artistique, à partir de problématiques transnationales et sociologiques. Elle participe au développement de sources et d’outils numériques en l’histoire de l’art en dirigeant le projet Artlas (www.artlas.ens.fr). Publications représentatives : «Nul n’est prophète en son pays » ? L’internationalisation de la peinture avant-gardiste parisienne (1855-1914), Paris, Musée d’Orsay / Nicolas Chaudun, 2009 (Prix du Musée d’Orsay) ; L’Art et la Mesure. Histoire de l’art et méthodes quantitatives : sources, outils, bonnes pratiques, Paris, Editions Rue d’Ulm, 2010 ; Thomas Da Costa Kaufmann, Catherine Dossin et Béatrice Joyeux-Prunel (éd.), Circulations in the Global History of a Art; Farnham, UK, Ashgate, 2015.



Ouvrages au cœur de la présentation Béatrice Joyeux-Prunel :

Les avant-gardes artistiques. Une histoire transnationale. 1848-1918, Paris, Gallimard, coll. Folio Histoire, 2016 (poche, 950 pages, 9,50 €) ; volume 2 1918-1945 à paraître en septembre 2016 ; volume 3 1945-1968 à paraître en 2017.

 

 

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